LA SUISSE, EST-ELLE RACISTE ?

La multiplicité des articles de presse relatant des faits de racisme dans le milieu professionnel ou civil, ne cesse de faire grand bruit dans la vie sociale en Suisse. En cause, il y a près de cinquante ans, la population italophone, depuis une vingtaine d'années, les voisins ont laissé leur place à une population albanophone qui est désormais devenue les "maghrébins de la Suisse". Est-ce pour autant un acte de racisme que de pointer les méfaits de certains pour en détruire l'avenir des autres ? Est-ce une sanction quasi vitale pour une population devenue trop "encombrante" ?




AVANT-PROPOS

Avant d'aller plus-loin, sachez que je ne pointerai ici uniquement la population dite des Balkans, car il s'agit de celle que je connais le mieux car j'en fais partie. Cependant, la réflexion suivante vaut peu ou prou, pour toutes les autres communautés incriminées. 


POURQUOI SOMMES-NOUS AUTANT HAÏS ?

Il y a un sentiment prédominant dans le cœur et la tête de tous ceux que j'interroge à ce sujet. En effet, avant de donner une opinion objective ou subjective, il est nécessaire de connaître ce qui donne ce sentiment d'injustice. Si nous voulons être précis nous devons avant tout connaitre ce que l'on nous reproche. 
Ce que j'entends le plus régulièrement ce sont des débuts de phrases : "j'ai l'impression que...", "je pense que...", "ils m'ont mis en poursuites et...", "il m'a ri au nez et...", "il a refusé ma candidature pour cet appartement et...". Alors que les fins de phrases finissent toujours par la même chose : "... parce qu'ils sont racistes".
Mais est-ce malgré tout une réalité ? Est-ce qu'une impression, une pensée, une mise en poursuite, une moquerie, ou un refus de candidature de travail ou d'appartement, signifie forcément du racisme de notre interlocuteur ? Oui, mais non, mais oui. En réalité, la question est difficile à assimiler car tout dépend de tout. Cependant, posons-nous les questions à l'envers...


DANS LES YEUX DE L'AUTRE... QUE VERRIONS-NOUS ?

Je me suis toujours posé la question de l'image que je transmettais à mon interlocuteur. Il faut bien en être conscient, nous venons dans un pays qui n'est pas le notre et voici ce que voient les Suisses.

- Ce jeune Albanais qui après dix ans de vie en Suisse, ne sait pas s'exprimer correctement.
- Ce père de famille qui ne fréquente que des compatriotes et ne côtoie aucun Suisse si ce n'est le patron, les caissiers des magasins et un ou deux collègues. De plus, il parle fort dans sa langue natale dans les lieux publics.
- Ce jeune qui vit au jour le jour en magouillant dans tous les sens pour s'en sortir car il n'avait jamais voulu faire d'études pour avoir un salaire et un métier stable.
- Ce jeune qui est violent et n'hésites pas à commettre des crimes pour montrer qui il est.
- Ce jeune qui lui-même est devenu raciste envers les racistes.
- Ce père de famille qui gueule sur sa famille pendant les courses, dans sa langue maternelle bien entendu.
- ... etc.

Je sais que peu de gens auront le courage de se reconnaître dans cette liste. Mais soyons honnêtes, imaginons-nous une telle population dans notre propre pays, comment réagirions-nous ? Ne serions-nous pas également agacés. Ne serions-nous pas trop enclins à les juger de la pire manière qui soit ?

Mais toutefois, et heureusement, il s'agit de la majorité, la plupart sont plutôt du genre :

- Un jeune Albanais arrivé depuis cinq ans et qui s'exprime de manière parfaite.
- Un père de famille qui fréquente toutes les communautés et qui sait s'adapter à chacune d'elles.
- Ce jeune qui a fait des années d'études, a un travail respectable et stable, et qui prépare l'éclosion de sa future société et qui n'engagera pas uniquement des gens de sa communauté mais également des gens qui viennent de partout mais qui connaissent le métier.
- Ce jeune avocat qui n'hésites pas à donner de son temps aux autres.
- Ce jeune qui n'a pas honte de "traîner" avec des "blacks".
- Ce père de famille qui fait tout pour mettre sa famille hors du besoin et qui se bat pour leur offrir tout ce qu'il peut.

Le problème est que le mieux n'annule pas le pire, jamais, et c'est malheureux. Les gens relateront davantage les effets négatifs d'une expérience, plus rarement le positif, ce qui est normal. Nous sommes humains, et ce qui nous exaspère, nous donne envie de débattre, de discuter. 


NE PAS VIVRE PAR MIMÉTISME

Mes affirmations précédentes peuvent amener à penser que je préconise de "vivre comme notre hôte", pour être accepté par ce dernier. Et ce n'est absolument pas mon propos. Nous pouvons garder nos coutumes, nos habitudes, notre culture qu'elle soit ethnique ou religieuse, mais nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas chez nous. 
En public, on parle dans la langue du pays qui nous accueille (dans la mesure du possible), on ne se comporte pas comme au pays avec ses mœurs sociales trop éloignées de notre pays d'accueil. On ne commet pas de méfaits que nous n'aurions jamais osé au pays d'origine. On ne crie pas pour saluer, on n'emploie pas un langage "balkanisé" entre nous à coups de "hé couz", "fraté", ou que sais-je. 
Il s'agit d'un subtil mélange pour que nous soyons tolérés. Et surtout, mettons en avant ce que notre cerveau est capable de produire, pas forcément ce que notre travail a pu nous apporter. Il ne s'agit pas de renoncer à la jouissance matérielle, il s'agit de ne pas en faire l'apanage ostentatoire sur le dos de notre bonne intelligence. 
D'autant plus, que pour la plupart de ceux qui montrent la jouissance d'un usufruit, celle-ci est motivée par un manque de confiance et un besoin de témoigner auprès de ses congénères d'une réussite bien peu valeureuse. Parce que oui, très peu sont passionnés par les grosses carrosseries, mais faire baver son couz' (sous-entendu connaissance aléatoire mais tout autant compatrioze) est presque une jouissance orgasmique pour certains.

Il s'agit de vivre de la manière la plus simple et discrète possible, comme le fait la population que vous avez intégrée.


EN VOULOIR À LA MAUVAISE CIBLE

Résultat de ce trop plein de manque de confiance en soi, on ressent de la haine pour la mauvaise cible. Souvent, nous avons tendance à penser que le Suisse est raciste, mais nous ne réfléchissons jamais à la source du problème. Et la source, c'est bien malheureusement la victime, ici, les populations non intégrées. 
Les Suisses ne nous haïssent pas parce qu'on est Balkanais, mais bien souvent parce que nous nous comportons avec eux comme s'ils étaient nos ennemis. Si nous leur montrons à chaque coin de rue notre regard noir, si à chaque rencontre nous partons avec l'appréhension que le Suisse nous veut du mal, on dégagera cette énergie négative que notre interlocuteur percevra. 
Personnellement, je n'ai jamais ressenti de discrimination à l'embauche de par mon ethnie, davantage de par mon handicap, mais cela est un autre débat. La seule fois que j'ai candidaté pour un appartement, je l'ai eu le dit appartement. 1 dossier de candidature envoyé, 1 avis positif pour l'obtention du bail.
Un contrat d'assurance ? Avis positif.
Une demande de subvention ? Avis positif.
Cela est du à quoi ? Au fait que la Suisse n'est pas si raciste que ça ? Ou alors, mes dossiers étaient-ils correctement préparés et répondaient aux demandes ? Ou était-ce dû à tous mes casiers vierges, y compris les casiers des poursuites ?
Je ne saurais pas répondre à cette interrogation de manière correcte et objective. Simplement, en ce qui me concerne, je n'ai pas trop à me plaindre du racisme en Suisse. Bien plus de la discrimination du à l'handicap. 
Mais même s'il y a discrimination à l'embauche, nous ne devons pas en vouloir aux Suisses.
Mais même s'il y a discrimination à l'obtention d'une location, nous ne devons pas en vouloir aux Suisses.
Mais même s'il y a discrimination tout court...

Nous devons en vouloir à ceux qui nuisent à notre réputation.

Cependant, cela ne signifie pas que le racisme est absent, il y en a, et c'est le cas, il existe. Mais, il ne s'agit pas de la majorité de la population. Mal intégration il y a, c'est plus que certain, mais il ne s'agit pas de la majorité de la population étrangère.

Je préfère penser que si je m'intègre bien, on me jugera bien. 


IL NE S'AGIT PAS DE RELIGION.

Souvent, on me rétorque que les musulmans ou les juifs ne sont pas tolérés en Suisse. Malheureusement, il ne s'agit pas du même débat. Je ferais un article prochainement sur ça. Car il ne s'agit pas de la même chose. Il y a une différence fondamentale : On peut être suisse musulman, ou albanais catholique...

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